Comment j'ai fait pour tout arrêter et devenir illustratrice-peintre à temps plein

Avant de me lancer dans le grand bain de l’illustration et de la peinture à mon compte, j’ai fait de nombreuses recherches sur internet afin de m’aider à réussir au mieux cette nouvelle vie. Je cherchais des témoignages, des conseils, des phrases pour me rassurer. Je me suis vite rendue compte qu’il y avait pas ou très peu d’articles en français concernant ce sujet — c’est pourquoi je souhaite vous partager mon expérience de l’entreprenariat.

Il s’agit de mon expérience personnelle, prenez uniquement ce qui est bon pour vous!

L’histoire de ma vie professionnelle

Quand j’étais petite, je voulais faire 10 métiers en même temps (sauver les animaux, tenir une boutique, devenir fleuriste, styliste…) , c’était très dur pour moi l’idée de devoir en choisir un et m’y tenir toute ma vie! Je ressentais une motivation forte dès que je m’imaginais tenir mon propre business.

Arrivée au moment décisif du “alors, tu choisis quelles études?” à 18 ans, je me suis tournée vers une école de commerce. J’ai fait cette formation en 3 ans dans le Sud-Ouest de la France, avec au milieu des périodes de stage en entreprise. Les 3 stages que j’ai réalisés à ce moment-là se sont quasiment tous passés de la même façon : excitation de la nouveauté les premières semaines, puis sentiment de lassitude et de mélancolie à l’idée de devoir me lever et aller travailler tous les matins. Je ne me suis pas particulièrement interrogée, je me suis juste dit que je n’avais pas trouvé le métier qui était fait pour moi.

J’ai obtenu ma licence, et comme de nos jours c’est vraiment très rassurant d’avoir un master(pour les parents et la société), j’ai déménagé à Paris pour continuer mes études dans une nouvelle école de commerce. Ma nouvelle vie parisienne a commencé, j’avais 21 ans, c’était l’exaltation! La fin de première année de master arrive, et je sens à l’intérieur de moi à quel point je ne suis pas épanouie et heureuse. L’idée d’arrêter me traverse l’esprit, mais pour faire quoi? Aucune idée à l’horizon... Je décide donc de prendre une “année de césure” entre l’année +4 et +5 du master. Mes meilleurs amis vont lancer leur start-up et me proposent de faire un stage avec eux, bingo c’est parti. Les voir à la tête de leur propre entreprise réveille quelque chose de fort en moi, pourtant, je sens que devoir travailler de telle heure à telle heure, avoir x jours de congés, mettre ma motivation au service de quelqu’un d’autre (même si ce sont mes meilleurs amis) ne me convient pas.

Je pars 6 mois en Angleterre pour améliorer mon anglais. Je reviens après un an de césure, j’ai 23 ans, il ne reste plus qu’un an avant de décrocher le master, je serre les dents, prends mon courage à deux mains, et je vais jusqu’au bout.

Sur le moment, mon parcours paraissait assez désordonnée et chaotique! Peu importe. Chaque expérience est riche et positive, et avec du recul, je me rends compte à quel point mes études de commerce et mes nombreuses périodes en entreprise m’ont donné des connaissances et armes pour pouvoir me lancer en tant qu’artiste indépendante aujourd’hui!

Comment je me suis lancée à mon compte

En parallèle de ma dernière année de master d’école de commerce, j’étais en plein travail personnel afin de me sentir mieux dans ma vie (je parle de mon cheminement ici). Cela passait notamment par m’écouter plus. J’avais un fort besoin d’exprimer ce que j’avais à l’intérieur de moi, et il se trouve qu’en Angleterre j’avais beaucoup de temps libre. Je me suis mise dans ma chambre à peindre et dessiner des galaxies et des fleurs. Depuis ce moment-là, je ne me suis jamais arrêtée de créer.

A 24 ans, je suis en train de finir mon master 2 en alternance, et je réfléchis au “après”. Une évidence me frappe : je veux lier mes deux passions, l’art et l’entreprenariat.

Je veux enfin faire ce que j’aime.

Quand j’ai pris cette décision, je vivais dans un 12m2 à Paris, je gagnais un faible salaire grâce à mon alternance, mes parents étaient effrayés et ne m’encourageaient pas dans cette décision, je n’avais jamais suivi un seul cours de dessin ou peinture.

En septembre 2017, je me lance.

A ce moment-là, j’avais un master 2 de commerce en poche. J’avais la chance de gagner le chômage (800€ par mois environ), ce qui m’a permis de me lancer “sereinement” et d’être indépendante financièrement. J’avais déjà trouvé mon style graphique et une bonne quantité d’illustrations et peintures déjà réalisées. J’avais 1000 abonnés sur Instagram. J’ai déménagé dans un 32m2 en banlieue de Paris pour avoir plus d’espace pour créer. J’ai créé mon site internet. J’ai ouvert ma boutique Etsy.

Je suis clairement partie de zéro. Je n’avais que moi sur qui compter.

Le bilan de la première année en tant qu’artiste indépendante

C’est possible de réussir. Et le seul moyen d’y parvenir : c’est de travailler énormément.

C’est la leçon que je retiens de cette première année à mon compte. Peu importe le domaine dans lequel vous vous lancez, la clef c’est le travail. Il n’y a pas d’autres moyens !

Malheureusement, je n’ai pas appliqué cette leçon! Je me suis vite laissée emporter par la liberté que procure le fait d’être son propre boss : je me levais à 11h tous les jours, je travaillais 1-2 heures par jour, je prenais beaucoup de vacances. Se lancer à son compte demande une grande force psychologique pour être consistant et constant. Ce n’était pas mon cas à ce moment-là.

J’ai malgré tout réussi en 12 mois à rentabiliser mon investissement de base qui s’élevait à 5000€ (matériel, produits, communication…). Alors imaginez avec 8 heures de travail par jour…. !

Evidemment, une moyenne de 450€ par mois de salaire n’est pas suffisant pour vivre. Alors, en septembre 2018, sous le regard très inquiet de mes parents, je prends la décision de retourner vers une voie salariale “normale”. Je ferme ce chapitre de ma vie où j’étais mon propre boss avec un amer goût de défaite. Je trouve le juste milieu en me tournant vers le domaine de l’artisanat d’art. Je reprends mes études en dorure à la feuille d’or en alternance à Paris. Je suis persuadée que j’arriverais peut-être à enfin me sentir épanouie dans une entreprise dans un domaine qui me plait vraiment ! 6 mois plus tard, j’enchaîne les arrêts maladies, je me sens vide et déprimée.

Comment je n’ai pas baissé les bras

C’est à ce moment-là que je rencontre mon copain. Je tiens à rappeler qu’être en couple ne doit pas être un facteur déterminant pour être heureux. C’est la cerise sur le gâteau! Mais c’est vrai que l’amour peut aussi donner des ailes et donner la force d’être soit même. C’est ce qui s’est passé dans mon cas.

Mon copain avait lui aussi à cette période un travail “normal” pour gagner de l’argent pour vivre. Mais son rêve le plus profond était de se lancer à son compte en tant que producteur de musique.

Vous imaginez la suite, nous nous sommes donnés la force mutuellement de nous accrocher à nos rêves.

C’est comme ça qu’en mars 2019 je quitte mon travail et ma formation en dorure.
Nous voulons nous donner toutes les chances de réussir : alors nous déménageons ensemble dans le sud de la France à Narbonne (car c’est vraiment vraiment moins cher que Paris). Cela nous permet d’avoir un T3 à prix raisonnable, on convertit les 2 chambres en 2 studios! Un pour chacun! Et nous travaillons 6 jours par semaine, 8-9 heures par jour.

Je relance mon entreprise, avec plus de motivation et d’idées que jamais. Suivez mes aventures sur les réseaux sociaux pour savoir la suite ☺️